Le changement, c’est – et ce sera – toujours maintenant

Lorsque j’ai commencé à rédiger pour mon site internet, j’ai bien évidemment pensé à des sujets liés à mes prestations : le discours, la traduction, l’intelligence artificielle et les auteurs, etc. Il ne m’était pas venu naturellement à l’idée de faire un avant-propos et de parler (un peu) de moi. Je réalise que ce serait plus courtois. Soit.
Je vous livre quelques bribes de mon parcours et j’évoquerai l’intention de ce site.
Près de trente ans après l’accès aux communs des mortels du World Wide Web, je me décide enfin à créer un site internet. D’aucuns peuvent affirmer que j’ai pris mon temps pour me connecter au monde et ils ont raison. Ce ne sont pourtant pas les nombreuses qualifications obtenues en développement informatique, notamment pour le Web, qui sont à l’origine de mon souhait de me lancer sur la toile.
C’est juste mon moment.
Ce site est une vitrine pour proposer à de futurs clients mon savoir-faire en rédaction de discours ou en traduction ; il est également une opportunité d’exposer mes idées, mes réflexions sur des sujets que je maîtrise parce qu’ils m’intéressent.

crédit photo : Greg Rosenke

Quel choix faire : mettre en ligne mon curriculum vitae ou vous communiquer quelques fragments de mon parcours professionnel ?
L’immense majorité des personnes souhaitent une vie professionnelle et privée rectiligne, je n’ai jamais fait partie de ce clan, et je doute que cela s’arrange. La crainte de me scléroser, peut-être. Celle de m’ennuyer, assurément.
Si j’avais été médecin, architecte, même ingénieur, c’eût été simple, et je rentrais dans les cases, posée – et reposée – sur une trajectoire linéaire.
Aux États-Unis, ils emploient cette expression “late bloomer” qui a tout son sens pour moi. Elle est assez délicate à traduire en français comme si notre culture hexagonale considérait qu’il y a un temps pour tout, qu’à tel âge, on doit avoir fait ou acquis ceci ou cela, puis qu’au fur et à mesure, on s’apprête à fermer la porte aux ambitions et aux rêves, car ce serait trop tard.
Évoquer ses études à un âge avancé peut paraître pathétique. Néanmoins, avec du recul, je comprends pourquoi j’ai étudié les sciences économiques, discipline qui s’intéresse à tous les sujets de société. Lors de mes études, j’en ai profité pour expérimenter les différents courants de pensée dans plusieurs universités et pour choisir l’approche théorique qui me semblait la plus pertinente. C’est une caractéristique de ma personnalité. L’un des fils conducteurs de ma vie intellectuelle consiste à lire (beaucoup), à apprendre (toujours), à me confronter à des idées qui peuvent ne pas être les miennes a priori. Nous avons tous des biais cognitifs et cela demande un effort de lutter contre ce mécanisme de pensée qui altère notre traitement de l’information et donc notre perception et nos prises de décision. J’essaie de développer depuis longtemps mon sens critique c’est-à-dire mon sens de l’analyse. Alors non, je n’ai pas, comme une immense majorité de personnes, des certitudes sur tous les sujets, des opinions tranchées car, en interrogeant au quotidien mes réflexions automatiques, je tente de penser contre moi, de lutter contre ces biais, et je continue d’évoluer intellectuellement.

Ce sous-titre est un pied de nez car c’est ce que je réponds invariablement lorsque l’on m’interroge sur mon parcours : ”Ah oui, ma vie, mon œuvre…”
Débrouillez-vous avec mon inventaire à la Prévert : ouvrière viticole, collaboratrice parlementaire, traductrice, responsable de la communication, directrice déléguée d’organisations professionnelles, secrétaire, chargée de mission (je sais, ça ne veut rien dire), responsable des relations institutionnelles, opératrice de saisie, chargée de vente à l’export, etc. J’ai côtoyé le monde politique (Sénat, cabinets ministériels), celui des vins (organisations professionnelles, domaines viticoles), celui du cinéma, le monde universitaire ainsi que le monde associatif. J’ai aussi vécu à Mexico. C’est un long voyage sur les rails de la chose publique (res publica) sans avoir pour autant négligé le secteur privé (banques, sociétés d’assurance ou d’éditions juridiques).
J’ai évidemment dans cette liste mes “chouchous”.
J’ai beaucoup aimé travailler au Sénat car j’ai eu l’opportunité de rencontrer un parlementaire qui déléguait, me laissant la liberté de prendre des initiatives, de faire des propositions, et surtout de rédiger : les discours, les interventions publiques, les lettres d’information dont l’éditorial, exercice plus politique. J’ai toujours réussi à éviter les “copier-coller”, les plagiats, les paraphrases de projets de loi, et j’ai systématiquement construit un discours avec son fil directeur, ses transitions, son souffle. Un discours doit être une suite d’idées, ou une idée développée, il est malheureusement trop souvent une succession de notes d’humeur et de propos de bistro.
Je garde également un excellent souvenir de mon passage dans l’association sévillane Al Tarab en charge du festival de cinéma africain (FCAT) qui chaque année se déroule à Tarifa et à Tanger, un pont entre la culture espagnole et les cultures africaines, un rendez-vous d’échanges, de fraternité, d’ouverture d’esprit en lutte contre tous les préjugés qui gangrènent nos sociétés.
Dans le monde universitaire, je fus en responsabilité de la communication d’une faculté. J’ai créé et mis en œuvre l’organisation d’événements (cérémonie de remise de diplômes de licence, entraînement à des entretiens avec des professionnels) et j’ai à nouveau enseigné les statistiques. Le contact avec les étudiants et la possibilité de leur faire comprendre qu’ils n’avaient rien à envier aux grandes écoles – bien au contraire – furent les parties les plus intéressantes de cette fonction.

Lorsque j’ai pris la décision de participer à la toile, via ce site, mon intention première était de présenter mes prestations (rédaction de discours et traduction) et de me rendre visible. J’ai bien conscience que ce seul site ne va pas attirer des clients et qu’une prospection commerciale vers mon réseau et le réseau de mon réseau est inévitable, nécessaire, obligatoire. Je connais mes compétences et ma capacité de travail.
J’ai rapidement su que ce site ne serait pas statique et ne serait pas qu’une vitrine. Il est l’occasion de rédiger des articles. Il est d’usage de n’aborder que les thèmes relatifs à vos prestations mais il existe déjà de très bons sites qui transmettent des conseils très utiles sur ces domaines. Et je ne souhaite pas prodiguer des conseils qui, parce qu’ils me sont personnels, peuvent ne pas convenir à mes lecteurs et lectrices. Avez-vous remarqué que, dans les ouvrages ou entretiens d’écrivains célèbres, s’ils expliquent leur manière de fonctionner, s’ils partagent quelques astuces ou habitudes, ils se gardent de dispenser des conseils de méthode d’écriture car elle leur est unique, singulière et donc personnelle ? Je profiterai donc de la partie “articles” pour aborder des sujets autres, qui m’animent, des sujets culturels, peut-être politiques (au sens noble du terme, “la vie de la Cité”), des sujets parfois liés à l’écriture ou à la traduction mais ce ne sera pas systématique car j’aurai l’impression de tourner en rond, et j’ai tant à vous dire.

Cet espace s’appelle pour l’instant « Pensées errantes ». En parcourant la toile, j’ai appris que c’était une partie du titre d’un ouvrage de Bonne-Charlotte de Bénouville, femme des Lumières, « qui, non sans provocation, ose participer aux débats intellectuels de son époque, mettant en jeu la philosophie, la morale, le social, la théologie et l’Église. » Diantre, elle ose, et avec provocation ! J’avoue que ces quelques mots de présentation de l’ouvrage me font à la fois sourire et grincer des dents. Vous ne trouverez pas davantage sur la dame qui n’a pas sa page wiki. Je ne sais pas si je vais provoquer avec mes articles mais, sans aucun doute, je vais oser.
J’attends vos commentaires, vos apports et désaccords éventuels, il n’y a rien de mieux que de débattre. Je souhaite que cet espace soit l’occasion d’échanger et de me faire part de vos points de vue, tout cela dans le plus grand respect, ai-je besoin de le préciser ?

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