Moi, présidentE de la République #2

Les femmes ont pendant des siècles servi aux hommes de miroirselles possédaient le pouvoir magique et délicieux de réfléchir une image de l’homme deux fois plus grande que nature.
Virginia Woolf | Un lieu à soi, 1929

En octobre dernier, je vous dévoilais la première partie de mes propositions présidentielles. Le temps file, les candidatures (potentielles ou non) se multiplient. Je ne voudrais pas me faire doubler par ces messieurs.
Le monde politique se ferme aux femmes. C’est LE moment de l’ouvrir.(*)

(*) Moi, présidentE de la République, j’aurai probablement besoin de contre-pouvoirs forts car j’ai un penchant certain pour l’autocratie.

crédit photo : megan watson
Photoshop :©emmanuel monfort

couronne blanche suspendue par de fins fils blancs sur fond blanc
couronne blanche suspendue par de fins fils blancs sur fond bleu pétrole
couronne blanche suspendue par de fins fils blancs sur fond blanc

Cheffe de l’État français, membre significatif de l’Union européenne, je m’attacherai à combattre les ingérences étrangères dans nos affaires nationales et européennes.
Dans un contexte de développement incontrôlé des utilisations numériques, dans un contexte, délibéré, de méconnaissance de tous ces outils numériques, dans un contexte d’aveuglement collectif malgré les mises en garde d’institutions ou d’autorités comme le Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale, via Viginum, j’inciterai la chefFE de gouvernement à sensibiliser ses ministres concernéEs sur le sujet en leur imposant des formations obligatoires par les acteurs de l’ANSSI. La locataire de Matignon sera chargée d’être extrêmement vigilante sur les profils des membres de son gouvernement et nul/nulle ne sera désigné avant une enquête approfondie sur son utilisation de l’argent public et sur son éventuel « syndrome de Thévenoud« . Il sera demandé aux conseillers des cabinets et aux fonctionnaires des administrations centrales de repérer dans les lois déjà votées les éléments qui nous permettent de prendre en considération les manquements à la probité élémentaires d’un candidat à une fonction de la république, d’un candidat à un mandat d’élu.

Je démens catégoriquement les allégations contenues sur le site Mediapart. Je n’ai pas, je n’ai jamais eu de compte à l’étranger, ni maintenant, ni avant.
Jérôme Cahuzac | le 5 décembre 2012, à l’Assemblée nationale

L’ingérence prend plusieurs formes. Elle n’est pas que numérique. Les pays aux intérêts contraires à nos mesures juridiques, économiques et sociales, et à nos valeurs européennes savent repérer celui et celle qui succombera à leur charme… pécuniaire. L’homme ou la femme politique cupide, à l’idéologie vacillante et corruptible, sera écartée sous ma présidence de toute fonction cruciale ou de toute candidature à un mandat dépendant de ma volonté et de celle de mon parti. Si chacun et chacune a le droit à une seconde, troisième, quatr… chance, je serai intransigeante sur le passé judiciaire de celles et ceux qui prétendent incarner nos valeurs. À Bruxelles, en travaillant main dans la main avec les autres chefFEs d’État européens, grâce à la Commission et à ses dirigeantEs, grâce au travail de fond des parlementaires européens démocrates, j’inciterai à la mise en place de Conseils de chefFEs d’État consacrés à la lutte contre la corruption et aux ingérences étrangères, qu’elles soient russes, chinoises, qataries ou… américaines.

J’impulserai les réformes les plus importantes sur l’inclusivité des personnes handicapées dans mes politiques. À chaque campagne présidentielle, les promesses sont multiples et séduisantes. À chaque prise de pouvoir, les renoncements sont légion. Le handicap est l’affaire de tous nos concitoyens. Le handicap est multiple et, dans l’immense majorité des cas, le handicap n’est pas immédiatement visible. Je m’appuierai sur l’engagement pris par 25 pays membres de l’Union européenne, lors de la 18e conférence des États parties de la Convention des Nations unies sur les droits des personnes handicapées, le 30 juin 2025. Tous les ministères seront concernés par les mesures de visibilité et d’insertion. Chaque texte de loi élaboré par chaque ministère sera examiné avec grand intérêt mais aussi avec une grande exigence par le ministère en responsabilité des personnes en situation de handicap. Il ne suffira plus de mettre en ligne des fiches de statistiques et de pédagogie sur le handicap. Il s’agira de transformer l’essai, il s’agira de mettre en place des mesures concrètes. Les contraintes économiques sont nombreuses, certes. Mais les dépenses d’investissement en infrastructures, en formation des enseignants, des personnels soignants, des employeurs privés et publics seront le gage d’une société ouverte, unie et apaisée.
La politique au sens noble du terme ne doit plus être celle du court terme pour se faire réélire (ce qui n’a pas l’heur de se réaliser), la politique ne doit pas être celle de l’application de sparadraps, ou d’extinction de petits feux pour n’y laisser que des braises… qui raviveront d’autres flammes un peu plus tard. La politique ne doit pas être celle de la complaisance à l’égard de l’intérêt de petits groupes de pression. La politique se doit d’être la mise en œuvre de réflexions complexes et non pas de pensée en silo sur des sujets transversaux.

J’initierai un ministère de l’agriculture, de la protection de l’environnement et de la défense de la biodiversité. Je m’opposerai à la mainmise de la protection de l’environnement et de l’avenir de la planète par un petit groupe de personnes uniquement politisées et encartées. L’écologie n’est pas l’affaire d’un seul parti politique. L’écologie est l’affaire des acteurs économiques et des citoyens. L’écologie ne doit pas être infiltrée par certains syndicats agricoles cupides et violents, et d’extrême-droite. Les logiciels de pensée, nés après la seconde guerre mondiale, doivent être reconsidérés. Le changement, ce doit être toujours maintenant. Les dirigeants de ces syndicats doivent être rendus responsables devant la loi des dégâts environnementaux, des conséquences sur la santé de leurs pairs et de leurs concitoyens. Ils entraînent toute une profession dans la course aux rendements au détriment de leurs propres activités, au détriment de la santé de nos citoyens, au détriment de la protection de l’environnement. Le monde agricole doit, comme le monde politique, entrer dans le 21ème siècle, et lutter contre ses réflexes corporatifs. Le monde agricole doit abandonner sa posture d’opposition systématique à la réflexion et à la nuance. La protection de l’environnement et la défense de la biodiversité ne peuvent que bénéficier de débats complexes entre tous les acteurs concernés. Je reconsidérerai les conclusions de la Convention citoyenne pour le climat relatives à l’agriculture et à l’alimentation. En réaction aux timides mesures prises par mes prédécesseurs, en réaction au recul sur des propositions fondamentales européennes telles que l’interdiction de pesticides reconnus extrêmement dangereux, je privilégierai au sein de mon équipe le recrutement de personnes aux capacités de réflexion transversale. L’honnêteté intellectuelle est un requis, et les études d’impact doivent saisir non seulement les avantages mais aussi les inconvénients. Les politiques gouvernementales ne doivent pas complaire à de petites groupe de pression, si puissants et nuisibles soient-ils. Les agriculteurs doivent se former en amont aux pratiques environnementales vertueuses, et comme toute autre profession, se remettre en question. Parallèlement, si les comportements et les envies de nos concitoyens sont en porte à faux avec la préservation des ressources de la planète, il serait cependant démagogique de répondre aux desiderata de chaque petit groupe. Alors, je ne me lasserai pas de mettre en avant les scientifiques et leurs travaux dans un souci de vulgarisation pertinente face à la démagogie rampante entretenue par certains médias et les réseaux sociaux, dans un objectif évident : la cupidité. La pédagogie toujours sera notre allié, et l’éducation, celui de notre planète.

Je m’attacherai à ce que chacun et chacune puissent, s’ils le souhaitent, revendiquer de ne pas appartenir à une communauté. Je serai leur porte-parole, toujours à leurs côtés, afin qu’ils puissent revendiquer de ne pas être essentialisés. C’est une question cruciale de liberté individuelle. L’immense majorité d’entre nous ne raisonne qu’autour de sa personne ou de son groupe et elle envisage son expérience personnelle forcément universelle. Il faut lutter contre la paresse intellectuelle. Les différents groupes ou minorités, tout en vivant et en agissant selon leurs convictions, ne sont pas autorisés à porter atteinte aux autres individus, ne doivent pas « nuire à autrui », comme l’écrivait John Stuart Mill, et imposer leurs croyances ou leurs modes de vie. Des communautés, quels que soient leurs facteurs communs, revendiquent leurs droits de vivre et de s’exprimer selon leurs convictions. Très bien. Nous attendrons de ces mêmes groupes qu’ils témoignent de la même tolérance, qu’ils acceptent la liberté d’un seul individu de ne pas se reconnaître dans une chapelle, la liberté d’un seul individu qui tient à son individualité. Aucun citoyen, aucune citoyenne ne doivent être la cible de partis politiques. Personne ne doit subir la tyrannie d’une majorité ou d’une minorité bruyante. L’universalisme républicain sera notre boussole.

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