Fermons la porte sur 2025, doucement

Si nous avançons, et j’espère vraiment que nous avancerons vite, sur un plan en 20 points, il devra être signé par quatre parties : l’Ukraine, l’Europe, l’Amérique et la Russie.
Volodymyr Zelensky | conférence de presse, 29 décembre 2025

Comme l’année dernière, une petite rétrospective avant de fermer la porte demain soir.
Chaque année, nous pourrions nous interroger sur nos vœux qui ne sont – du moins les vœux collectifs – jamais exaucés.
L’année 2025, sur le plan national comme sur le plan international, fut une « Annus horribilis » comme la précédente le fut, et comme le sera peut-être la prochaine année. 365 jours éprouvants.
En France, nous sommes à la veille de deux mois et demi de campagne électorale pour les élections municipales prévues les 15 et 22 mars prochains. Même si nous nous intéresserons aux élections dans toute la France, Paris captera comme toujours les micros et les caméras. À Paname, c’est probablement la tendance de la recomposition politique des partis de gauche de la capitale qui donnera le ton, le mouvement pour les élections présidentielles de 2027. Paname reste hermétique, pour l’instant, aux mensonges et vérités alternatives du parti de la blonde et du petit Jordan. Il faut cependant rester vigilant car le mode d’élections a changé à Paris et la droite décomplexée rogne sur les thèmes chers à l’extrême-droite. Ils dînent même ensemble, en loucedé.
Nous ne savons où donner de la tête à l’international car le décorateur de la Maison Blanche et ses sbires jouent la « théorie du chaos » en multipliant les exactions les plus infâmes. Nous sommes tous sonnés d’avoir notre attention captée par des individus insignifiants sur les plans intellectuel et humain.
Nous souhaitons à l’Europe – pas uniquement les pays de l’Union – de s’apaiser. Nous souhaitons que les Ukrainiens puissent enfin recevoir le soutien logistique, financier et militaire pour faire reculer l’armée de bouchers russes. Nous souhaitons que nous-mêmes – en France – et nos voisins européens réalisons que les candidats populistes finissent toujours par partir avec la caisse. Avant qu’il ne soit trop tard. Les preuves – leurs multiples condamnations – sont devant nos yeux.
Petit retour sur cette année qui s’achève.

crédit photo : josep castells

feux de trafic routier au coucher du soleil floutés

Nos démocraties sont menacées et pas seulement par les hommes de main de l’agent orangé américain. Nos démocraties sont attaquées par la Russie et ses ingérences, par la Chine, ses oreilles qui traînent et l’invasion – tel un tsunami – de tonnes de marchandises de mauvaise qualité, produites par des ouvriers que nos critères européens qualifieraient d’esclaves. Ces pays sont soutenus par des complices européens corrompus, grassement rémunérés, des hommes et des femmes politiques élus de notre scène européenne, ou d’anciens ministres ou premiers ministres, en mal d’argent et de lumières.
Les dernières élections européennes, en juin 2024, avaient confirmé la place importante de l’extrême-droite sur nos terres épargnées depuis des décennies. Le mal nous ronge, le « c’était mieux avant » fonctionne toujours. Vous êtes sûres, mesdames ? Et messieurs, aussi ?
On avait prévu pour la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, un second mandat autrement plus épuisant que celui du Coronavirus et de la n-ième agression russe sur l’Ukraine. Cette dernière tentative a soulevé cette fois-ci les inquiétudes du monde occidental, et principalement des pays européens qui pourtant tardent à réagir car les positions sur l’implication de l’Union européenne sont diverses. Seuls les pays Baltes et la Pologne sont les plus réactifs – tant en termes de préparation de leur population ou d’investissements dans le secteur militaire et des renseignements – car ils sont en première ligne si « l’Ours russe » – que l’on soupçonne pourtant très affaibli – persévère.
La droite conservatrice, le Parti Populaire Européen, a déjà tendu la main à l’extrême-droite au Parlement pour détricoter le « Pacte vert » et ses avancées – et contraintes pour les citoyens et les entreprises – de protection de l’environnement, et de lutte de dernière minute contre le changement climatiques et ses conséquences désastreuses, l’apocalypse nous guette, tic, tac, tic.
La rhétorique populiste gagne du terrain, les dernières élections chez nos voisins ont été menacées par le fascisme, en Allemagne, en Roumanie, qui résistent ou en Pologne qui voit une cohabitation perdurer entre une coalition pro-Europe au gouvernement, et une droite ultra-nationaliste à la présidence. Tandis qu’à Madrid, le gouvernement socialiste et son premier ministre, Pedro Sánchez, sont confrontés à des scandales sexuels et de corruption, le Parti Populaire – parti de la droite conservatrice – compte se faire une « virginité » mais elle est aussitôt rattrapée par les affaires. Rien de bon pour les partis traditionnels qui ouvrent la porte à l’extrême-droite, le parti Vox, à son racisme, son antisémitisme, sa haine de la liberté des femmes.

Il aura fallu les excès d’un agent immobilier, corrompu, condamné, au passé d’agresseur sexuel de femmes et de jeunes filles à peine sorties de l’enfance, réélu pour la deuxième fois président des États-Unis pour que l’Union européenne et ses alliés réalisent que l’Oncle Sam n’a jamais été le membre désintéressé de la famille. America first n’est pas un slogan inventé par le plus pathétique golfeur de Floride. Les politiques commerciales américaines ont – sous cette fausse réputation de libéralisme – toujours été des politiques de bulldozer, cupides, et en force pour aboutir dans des secteurs clés à un phénomène d’extrême concentration. Les agriculteurs ont toujours été subventionnés si besoin. Les États-Unis ont toujours dominé car ils étaient la première puissance économique et… militaire. Bref, les sourires hypocrites et les manœuvres en coulisses – notamment à Bruxelles – prennent une autre dimension lorsque ploutocratie et kakistocracie sont au pouvoir outre-Atlantique.
Étonnamment, l’homme luisant aux 300 mots de vocabulaire – c’est peu – a été source de créativité pour les humoristes américains et sources d’articles pour ma part. Son élection et sa politique toute de haine, erratique, allaient-elles être un vaccin contre le populisme ? Que penser du duo méphistophélique du très bête immonde, Donald J. Trump, et de son vicieux vice-président, poupée plus ou moins bien articulée d’intérêts économiques et religieux, James D. Vance ?
Il semblerait que l’équipe de bras cassés, d’incompétents, de présentateurs de télévision s’effrite. Parmi les déceptions, les électeurs dont les furieux MAGA veulent connaître la vérité sur l’affaire du pédocriminel Jeffrey Epstein et de ses réseaux – dont le promoteur et animateur de télévision de New York – qui ont abusé d’un millier de très jeunes filles.
Quand Donald Trump tombera, il est organisé une relève par le pire – est-ce possible – la clique des ultra-nationalistes antisémites, racistes, à laquelle les femmes font peur, la clique de la marionnette de Peter Thiel, James D. Vance, avec l’appui de Turning point USA et de la veuve éplorée de Charles Kirk, influenceur d’extrême-droite assassiné il y a quelques mois.

Parce que l’idéal de la femme blanche, séduisante mais pas pute, bien mariée mais pas effacée, travaillant mais sans trop réussir, pour ne pas écraser son homme, mince mais pas névrosée par la nourriture, restant indéfiniment jeune sans se faire défigurer par les chirurgiens de l’esthétique, maman épanouie mais pas accaparée par les couches et les devoirs d’école, bonne maîtresse de maison mais pas bonniche traditionnelle, cultivée mais moins qu’un homme. Cette femme blanche heureuse qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, celle à laquelle on devrait faire l’effort de ressembler, à part qu’elle a l’air de beaucoup s’emmerder pour pas grand-chose, de toutes façons je ne l’ai jamais croisée, nulle part. Je crois bien qu’elle n’existe pas.

Moi, présidente de la République, « j’attribuerai mon premier budget à la lutte, sans relâche, sans fausses promesses, contre les violences exercées sur les femmes et les enfants, à la lutte contre le contrôle coercitif exercé sur eux par de nombreux hommes, avec la complicité de nos institutions, à la lutte sans relâche contre le silence assourdissant.« 
Je l’ai déjà évoqué, vous qui êtes mes fidèles lecteurs, il est à craindre un « effet boomerang » sur le mouvement #metoo qui n’a même pas fêté ses 10 ans. Alors que le monde se recroqueville sur ses peurs, très souvent fantasmées, sur sa petite personne et son nombril, la première catégorie à en payer le prix est celle des femmes. Voyez aux États-Unis, lorsqu’une Cour suprême – en majorité religieuse et conservatrice – a donné raison, le 24 juin 2022, à l’État du Mississippi qui voulait restreindre le droit à l’avortement et a révoqué l’arrêt Roe v. Wade.
John Stuart Mill écrivait dans De l’asservissement des femmes, en 1869 : « Ce qu’on appelle aujourd’hui la nature de la femme est un produit éminemment artificiel ; c’est le résultat d’une compression forcée dans un sens, et d’une stimulation contre nature dans un autre. » Il est impossible de lutter contre une opinion si ancrée dans la tête des hommes et… des femmes. Le combat pour une égalité et une liberté est une histoire sans fin. Parallèlement, quelques minables utilisent leur grosse voix et leurs faux biceps pour effrayer les jeunes filles, les femmes, pour les harceler et les menacer de toutes sortes d’actes de tortures ou de mort. J’avais évoqué la double peine des filles et des femmes sur leur éducation, leur niveau de richesses mais aussi sur leurs conditions en prison.
En cette période troublée de conflits, de guerre à nos portes, de « loi du plus fort », les femmes – et les hommes qui seront ostracisés – doivent s’organiser pour inventer leurs vies, pour défendre leurs libertés.

Dans mes différents articles, les femmes et leurs conditions, leurs contraintes, étaient mises à l’honneur, notamment au cinéma. Deux réalisatrices, l’une belge et l’autre suisse, Laura Wandel et Petra Biondina Volpe, se sont intéressées à celles qui se dévouent pour soigner et accompagner les malades, effrayés, à l’hôpital. Elles sont les héroïnes de notre temps dans un monde où tout le monde perd pied. Qui soigne les plaies visibles et invisibles ? Les femmes, en grande majorité.
Il y a aussi celles qui ne se soumettent pas, entre autres à l’essentialisation, et mises en scène par Hafsia Herzi ou Paul Thomas Anderson. Elles vont chercher – car cela leur est refusé – leurs terrains de liberté, sans relâche, avec crainte peut-être, mais leurs vies en dépendent.
Enfin, il y a les jeunes filles et les femmes qui se lèvent contre les prédateurs, qui les mettent à terre, concrètement ou symboliquement, ces femmes qui ont toujours et qui feront toujours peur aux plus vils et lâches.
Au théâtre, il était intéressant de comparer les regards – assez différents – de Jacques Osinski et d’Émilie Charriot sur l’œuvre de Marguerite Duras, L’amante anglaise, avec une préférence pour le parti pris du premier même si l’interprétation de Dominique Reymond a sauvé la mise en scène de la deuxième. Ce fut un bonheur de découvrir, enfin, l’univers de Caroline Guiela Nguyen, directrice du célèbre TnS – théâtre national de Strasbourg – avec sa pièce multilingue et surtout multi-cultures Lacrima sur l’oppression sous toutes ses formes.
Et notre été fut illuminé grâce au cinéma norvégien, grâce à Oslo, la sentimentale, grâce à l’audace de Dag Johan Haugerud.

Je nous souhaite à tous une très bonne année 2026 ! Je nous souhaite de poursuivre nos rêves les plus fous, de ne pas sombrer – malgré l’actualité, nos situations anxiogènes – dans le renoncement. Continuons à lire, à réfléchir, à recouper les informations, à privilégier la complexité de la pensée et à cultiver la nuance. Et continuons de participer à !RALLUMER LES LUMIÈRES!

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